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Nous voilà arrivés, au terme de notre marche revendicative, devant l’un des derniers vestiges des services publics d’état à Paimboeuf.
La sous-préfecture, le tribunal sont déjà de lointains souvenirs ; Si on laisse faire Macron et sa clique, il ne restera bientôt que les établissements scolaires et…la gendarmerie, parce qu’il faudra faire une croix très prochainement sur la trésorerie
Depuis 2009, une bonne moitié des trésoreries de proximité ont été supprimées en Loire-Atlantique.
Dans le Pays de Retz, celles de Bourgneuf, Le Pellerin, Saint-Philbert de Grand-Lieu, Bouaye, et récemment la trésorerie de Mindin qui gère les établissements médicaux-sociaux, transférée à Nantes, ce qui complique la vie des personnes hébergées et du personnel soignant et administratif.
La disparition de celles qui restent, est programmée à l’horizon 2022. Elles sont une vingtaine, dont Paimboeuf.
Il n’est pas du tout sûr d’ailleurs que les Centres des Finances Publiques autres que Nantes et Saint-Nazaire soient maintenus : Ancenis, Chateaubriant et Pornic sont directement menacés.
Dans le jargon du nouveau monde macronien, cette casse du service fiscal de proximité s’appelle « géographie revisitée ». Comme foutage de gueule on peut difficilement faire mieux.
Mais là ne s’arrête pas la politique menée par le ministre Darmanin.
C’est l’accélération de la suppression de l’accueil physique, alors que cela répond à un besoin dont témoignent les milliers de personnes reçues actuellement tout au long de l’année.
Les heures d’ouverture au public s’étaient déjà réduites. Ce sera bientôt porte closes.
Bercy promet des « points de contact » dans les mairies, ou encore dans un bus ou camping-car.
Quel progrès ! Et avec quels moyens quand le rythme de 2000 suppressions d’emplois par an au ministère des Finances devrait s’accélérer.
De son côté, Macron fait la promotion des MSAP…une par canton, qui auraient vocation à répondre à tout, donc à rien dans le détail.
Suppression de l’accueil, mais aussi suppression des encaissements en espèces ou par CB par les services des Finances. Dans une trésorerie, on vient régler en numéraires impôts, cantine, centre de loisirs… ou récupérer des secours d’urgence de la commune ou autres aides.
C’est bientôt fini. Il faudra aller chez le buraliste, ou au bureau de poste retenu à l’issue de l’appel d’offre déjà lancé. Au passage, cela pose un sérieux problème de secret professionnel et de confidentialité de l’impôt.
Suppression de l’accueil, des encaissements, mais, comme on est moderne, on file vers le tout internet.
La déclaration en ligne de ses revenus est en principe devenue obligatoire pour tous cette année. Dans la start-up nation, tout le monde est censé être à l’aise avec l’informatique et internet…
Et si ce n’est pas le cas, faites-vous aider ! Mais pas par un fonctionnaire des finances, impossible à rencontrer ou à joindre.
Les bons samaritains sont déjà disponibles : la direction de la Poste, par exemple. Pour 29 €, un agent muni d’une tablette viendra vous aider à valider votre déclaration sur le site internet des impôts, quand envoyer sa déclaration papier par courrier ne coûte que le prix du timbre.
Clairement, le public visé ce sont les personnes âgées et peu à l’aise avec internet. Décidément, la Poste veut tout faire faire à ses agents, sauf leur métier de postiers, comme le rappelait mon camarade de la FAPT à notre première étape…
Voilà, à grands traits, le service fiscal de proximité que nous bâtit la macronie.
C’est somme toute très voisin de ce qui se passe dans les services publics en général.
Un mot pour finir sur l’exigence de justice fiscale qui est, avec l’exigence de services de proximité, un point important dans les mouvements sociaux de ces derniers mois.
Je ne vais pas m’étendre en détail et je vous invite à prendre connaissance des documents qui ont été distribués à l’occasion de notre rassemblement. Et de les diffuser autour de vous après l’avoir fait. Juste quelques éléments supplémentaires sur les enjeux, en lien avec la mise en place du prélèvement à la source.
S’il s’agissait seulement, comme le prétend Darmanin, de moderniser le recouvrement de l’impôt, le PAS n’a pas de sens : on pouvait très bien modifier et généraliser le système d’acomptes mensuels par prélèvement.
Le PAS, parce qu’il introduit la collecte par l’employeur ou la caisse de retraite, était par contre la condition nécessaire au projet de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, projet dangereux pour l’avenir de l’impôt à taux progressif et pour la sécurité sociale qui serait de fait étatisée.
Le 2ᵉ avantage du PAS pour les ultralibéraux, passé cette première année de mise en place, c’est qu’il va à terme rendre en quelque sorte l’impôt sur le revenu invisible, comme la TVA.
Qui regarde le montant de TVA sur un ticket de caisse ? Ce que l’on retient, c’est le montant payé…Dans quelque temps, qui regardera le montant du prélèvement d’impôt sur sa fiche de paye ? Ce que l’on regardera, c’est le net payé…
Et rendre l’impôt sur le revenu invisible, c’est ouvrir la possibilité de remettre en cause son caractère progressif, et remettre en cause le système du quotient familial qui tient compte des charges de famille, du handicap, de l’âge…ou d’autres situations particulières.
Bref, d’ouvrir la voie à un système de taux unique que connaissent déjà quelques pays en Europe, dont seuls les plus riches tireront profit.
Je vous invite donc à prendre à bras le corps les questions de fiscalité et de justice fiscale, parce que, derrière, c’est toute une conception de l’organisation de la société et des priorités à donner qui est en jeu.
Trois leçons de macronisme fiscal
Pour une véritable justice fiscale !
Article publié le 3 mai 2019.