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Déclaration liminaire CGT :
| M le président, Le Premier ministre a présenté le 15 juillet 2025 un plan d’austérité de 44 milliards d’euros d’une brutalité inédite. Par ces annonces, le gouvernement promet une année noire pour les salarié.es de tous les secteurs. Les seules qui tirent leur épingle du jeu sont les entreprises qui préservent leurs 211 milliards d’euros d’aides publiques annuelles financées par nos impôts. Pour les travailleurs, pour la population, ce sont à nouveau des coupes franches dans notre modèle social avec l’augmentation des franchises médicales, la baisse du budget global de la Santé, le gel du point d’indice, le vol de deux jours fériés… Nous ne sommes pas étonnés. Cela fait des années que notre modèle social est systématiquement attaqué pour que la plus-value de notre travail soit absorbée par les possédants, le Capital. Les effets sont radicaux pour les services publics : fermetures de structures, baisse des moyens de fonctionnement, baisse du nombre d’emplois… À ce titre, notre ministère est « exemplaire » ! Nous cumulons toutes ces joyeusetés ! Quand ce processus s’inscrit dans le temps long, comme nous le constatons depuis une vingtaine d’années, comment imaginer que ceci n’ait pas des répercussions lourdes sur la santé des agent·e·s des finances ? Comment imaginer que l’instabilité permanente instauré à coup de restructurations et de changement de « règles de gestion » n’ait pas un impact lourd sur la santé des agent·e·s des finances ? Comme si la barque n’était pas assez chargée, Bercy a jugé bon de nous imposer un opérateur en Protection Sociale Complémentaire (PSC) sorti du chapeau, une « start up » Alan qui a pour seule mérite d’être proche du pouvoir et qui crée une forte inquiétude pour l’ensemble des agent·e·s. La gestion du ministère se rapproche dangereusement de celle du gouvernement : non respect des procédures, passage en force et déni de démocratie sociale. Dans ce contexte anxiogène, auquel nous pourrions ajouter les tensions géopolitiques et climatiques, comment s’étonner que l’ambiance soit fort morose chez les agent·e·s des Finances ? Comment s’étonner de la flambée des TS et suicides dans nos rangs ? Nous saluons la décision de Bercy de mener une enquête systématiquement, à chaque évènement. Nous aurons besoin cependant de nous mettre d’accord sur une méthode de travail, pour sortir des constats et s’accorder sur des mesures préventives ou correctives. Il ne s’agit pas d’élucider l’acte suicidaire, qui ressort toujours de causes multiples, mais de réaliser une analyse approfondie des conditions de travail. Elle a pour finalité de faire émerger les éventuelles difficultés relatives aux conditions de travail dans le service afin de proposer des mesures de prévention et d’amélioration des conditions de travail. Il y a urgence et ce n’est pas la mise en place de secouristes en santé mentale qui suffira tant les conditions de travail se sont dégradées ces dernières années. Le sous-effectif, le turn over des équipes, l’arrivée massive de nouveaux à former, contractuels ou titulaires, et des formes de management trop souvent hors sol, nous emmènent droit dans le mur. Notre organisation du travail est devenu délétère. Pour la CGT finances publiques, éviter que des collègues ne passent à l’acte, et plus globalement éviter cette montée des risques psycho-sociaux, ne pourra se passer, au-delà de la prévention « psychologique », d’un changement de braquet en matière de politique appliquée à la DGFIP. Il faut arrêter ces restructurations permanentes, les suppressions d’emplois, les pressions statistiques, l’industrialisation des taches de travail, l’arbitraire dans les carrières et la mobilité, retrouver de l’humain dans le travail, changer la nature de l’encadrement, etc, etc... Au sujet du bouleversement climatique, la Direction doit accélérer sur l’isolation et l’adaptation des bâtiments, c’est une urgence de santé au travail. Nous avons tiré au mois de juin la sonnette d’alarme suite à saisine des agent·e·s concerné·e·s au quatrième étage de De gaule à Saint Nazaire dont nous étudierons les registres aujourd’hui. Force est de constater que rien n’a été fait concrètement à ce stade pour résoudre la situation. Faudra-t-il des malaises, un mort au travail pour que la gravité de la situation soit prise réellement en compte ? Plus généralement, nous demandons un état des lieux batimentaire pour l’ensemble des sites de la DRFIP44, suivi d’un plan d’action ciblant en priorité les problèmes les plus aigus. Pour conclure cette déclaration, pour la CGT Finances publiques, l’heure n’est plus au cataplasme sur une jambe de bois, les agent·e·s doivent prendre le taureau par les cornes et élever le rapport de force avec Bercy, par l’action et la grève pour exiger des emplois, le dégel et rattrapage du point d’indice, des règles de gestion équitables et l’arrêt de la casse de notre administration ! Contre la souffrance au travail, la lutte s’impose, à commencer par le 10 septembre et dans la durée. |
Article publié le 1er septembre 2025.